L’ancienne Cathédrale de Vence

 

Son histoire ...

Lorsque l’on visite , pour la première fois, la cathédrale de Vence, on est étonné de la découvrir si petite  : Est-ce bien là une cathédrale se demande t’on alors ?

Pourtant, la ville de Vence a bien été, dés le Vè siècle, le siège d’un évêché et soixante-dix évêques s’y sont succédés entre le IVè siècle et 1805, avec cependant, l’interruption révolutionnaire.

Après 1790 (Constitution civile du clergé), l’Eglise de Vence se trouva incorporée au diocèse du Var, puis à celui d’Aix en Provence (Concordat de 1801) et à nouveau à celui du Var en 1823 (un évêque par département).

Enfin, en 1886, à la suite du  rattachement de Nice à la France, la paroisse de Vence est rattachée au diocèse de Nice.  

Considéré au XVIII è siècle comme " l’évêché le plus petit de France ", celui-ci n’en était pas pour autant " insignifiant " . Ainsi, de grands noms s’y sont succédés, qui nous relient à tous ces chrétiens d’aujourd’hui qui font vivre notre communauté.

Imprégnons nous donc du message d’amour et de foi délivré par ceux qui ont fait l’histoire de " notre cathédrale " :

Quatre évêques du diocèse de Vence....

St Véran...

Il fut en 446, le premier " grand " évêque dont on dit (E. Tisserand- Histoire de Vence- 1860)  que ...

". Sa renommée s’étendait jusqu’à Rome ou le pape le choisit pour arbitre dans certaines affaires importantes de l’Eglise des Gaules .. " .

Pour les habitants, il devint aussi le " Défenseur de la cité ", car, par son intervention, il sauve la ville de la destruction lors de l’invasion des tribus Goths...

Soulignons que dés sa mort, en 481, il fut canonisé.

A voir: Son buste en cuivre argenté (1825), situé dans le choeur, à droite, au-dessus de son reliquaire ; ainsi qu’un autre buste en bois doré du 16è s. dans la chapelle St Lambert.

...Et St Lambert , tous deux " Evêques de Vence et Patrons de la cité "

C’est le second saint patron de Vence, évêque de Vence pendant 40 ans de 1114 à 1154. Comme St Véran, il fut canonisé à sa mort.

Son épitaphe de 1154, traduite en vers au XVIIè siècle par le chanoine Barcillon dit ceci : "... Gît l’évêque Lambert, d’une rare bonté, qui durant quarante ans tint cette prélature, égal dans le bonheur comme dans l’adversité ".

En effet, non seulement St Lambert a enseigné Jésus-Christ toute sa vie, mais il l’a aussi suivi tous les jours dans son amour des autres.

A voir: Son buste en cuivre argenté (1826), situé dans le choeur, à gauche, au-dessus de son reliquaire ; voir également un autre buste, en bois doré du 17è s. dans la chapelle St Lambert.

Antoine Godeauu et Jean-Baptiste Surian

Au XVII è siècle, Antoine Godeau fut d’abord un habitué des salons littéraires parisiens. C’était un esprit brillant et cultivé et il fut à moins de trente ans, avec Richelieu, le fondateur de l’Académie française.

Puis, sous l’influence de St Vincent de Paul, il quitte la vie mondaine pour entrer dans les ordres et c’est en 1638 qu’il fut nommé évêque de Vence. Quel changement ! Sa conduite , comme évêque, est alors guidée par le dévouement aux plus pauvres et à l’Eglise.

C’est ainsi qu’ayant appris le Provençal, il multiplie les visites pastorales ; il parcours le diocèse et visite les paroisses y compris les plus reculées dans l’Arrière-pays.

Mais le vie dans ce pays rural qu’est Vence, est difficile : "  Je ne trouve, écrit-il, personne qui m’entende et qui connaisse ni nos amis du temps passé, ni nos amis du temps présent.... " Et il regrette que les Vençois se souviennent à peine du nom de Cicéron et Virgile , mais que les auteurs contemporains n’aient pas encore " passé la Durance "... 

Il meurt le jour de Pâques, à 68 ans.

Jean-Baptiste Surian était au XVIIIè siècle, un lettré et grand prédicateur. Membre de l’Académie française, il est connu à la Cour de Louis XV.

Nommé évêque de Vence en 1728, il fonde l’Hôpital St Jacques et fait don de tous ses biens pour cette oeuvre. Il a marqué les Vençois par son inlassable charité.

Monseigneur Pisani a été le dernier évêque de Vence. Il avait été nommé en 1783, mais, à la Révolution, l'Evêché disparaît et Monseigneur Pisani est chassé de son poste. Le bâtiment de l'Evêché devient "Bien communal" en 1791. Il sera détruit en 1910 et remplacé par la Mairie actuelle. Quant à Monseigneur Pisani, il est nommé évêque de Namur en 1804, ou il meurt en 1826. "

Visite... à l’extérieur

Le clocher roman à créneaux constituait encore au XIVè siècle un poste d’observation. Il se trouve du coté de la place Godeau.

A ne pas confondre avec la tour St Lambert, XIIè siècle, située à gauche du porche d’entrée. Cette tour avait été abaissée et englobée dans le palais épiscopal agrandi au XVIIè siècle par Monseigneur du Vair, puis restaurée à sa hauteur initiale lors du ravalement de la façade du porche en 1985.

La façade de l’entrée principale date de 1879 ; son style " rococo " possède un charme italien. La vierge, en fonte, dans la niche est de la même époque

Quant au beau palais des évêques, de style roman, il ne reste plus que les arcades de la porte nord. Ce palais en effet été détruit et .... remplacé par la Mairie actuelle en 1910.

A l’emplacement d’origine de la cathédrale, aurait été édifié un temple romain dédié à Mars et Cybèle.

Mais c’est au 5è siècle, époque mérovingienne de l’évêché de St Véran, que fut très probablement construite une église et un baptistère. Cependant, peu de traces subsistent de cette église initiale.

Les plaques de l’époque carolingiennes , visibles à l’intérieur, attestent d’une très belle église au 9è siècle. L’église actuelle date de l’époque romane , au 11è siècle. Cependant, la tribune et les bas-cotés en étage, datent des 15è et 17è siècles.

... et à l’intérieur

Si la porte d’accès aux tribunes - à gauche en entrant - est ouverte, commencez donc votre visite par là : Vous aurez ainsi une vue d’ensemble de la nef du X/ XIè siècle remaniée au XVIIè siècle et une idée plus précise de l’église romane d’origine en observant les voûtes en berceau des tribunes. Ne manquez pas les stalles en bois sculpté du XVè siècle (Jacques Bellot); ces stalles, situées à l’origine au dessus du choeur (?) ont été transportées à la tribune au XVIè siècle pour donner plus de place aux fidèles. Remarquez aussi le lutrin placé au centre.

Si la porte est close, faites la visite de l’église en vous plaçant à l’aplomb de la tribune centrale (voir plan) . Découvrez divers bas-reliefs carolingiens sur les piliers et sur les murs à l’entrée du chœur. En avançant vers le chœur, il faut imaginer la nef originelle , c’est à dire sans tribune latérale, avec une voûte en pierre, soutenue à hauteur de chaque pilier par des arcs doubleaux. La voûte en plâtre date de 1824 ; elle a remplacé la voûte de pierre qui menaçait de s’effondrer. A gauche de la nef, au niveau des tribunes, se trouvent les orgues de Frédéric Valoncini (1871).

Puis, dans le choeur, l’autel en marbre rouge et blanc qui date de 1768 est surmonté de trois gracieux chérubins. Il est signé Joseph Schiaffini, de Gènes et est encadré par les bustes de St Véran et St Lambert.

Chapelle St Véran : L’autel est un sarcophage gallo-romain qui abrita les restes de St Véran pendant dix siècles. Aucun signe chrétien n’apparaît ; remarquez les " strigiles ", décors à rapprocher des entrelacs carolingiens de chaque coté du motif central.

Retable de style Renaissance ( ou 18è ??) avec St Véran bénissant l’assemblée.

A gauche se trouve la chapelle du Sacré-Cœur ; pendant la Révolution, les reliques de St Véran et St Lambert y étaient cachées dans une niche derrière le tableau. On les y retrouva en 1914.

Chapelle St Lambert : L’autel a été construit en utilisant la partie de la pierre tombale ou est gravée l’épitaphe de St Lambert dont on a parlé plus haut. Retable représentant St Lambert qui est peut-être du même artiste que celui de St Lambert (Dandré Bardon ?). Les deux bustes de St Véran et St Lambert datent du 16è siècle ; ils sont en bois doré. Ils sont portés en procession chaque Lundi de Pâques pour " la messe du Siège " (le siège de Vence, en 1592, par le Calviniste Lesdiguières).

Chapelle de la Vierge : En 1666, l’évêque A.Godeau parle du retable et des colonnes torses qui l’encadrent. L’autel est plus récent : Inauguré en 1863, on y voit représenté les " mystères " de la Vierge. La statue de la Vierge, en bois et carton, date de 1810; c’est l’oeuvre d’un certain Mr. Provençal, habitant Nice.

Voir aussi  " la Vierge de l’an 2000 " (Auer), témoin de notre foi et de notre vénération pour la Vierge Marie.

Le grand Christ en croix date du 16è siècle. Avant la restauration du 17èsiècle, il était situé au-dessus de l’arc du sanctuaire. A coté, se trouve une Descente de croix en bronze moderne de Nuccio Fontanella ; un don de Marion Duteurtre.

 

 

 

Le baptistère est décoré de stucs au 17è siècle ; la très belle cuve en marbre d’une seule pièce est, probablement d’époque directoire.

 

" Moise sauvé des eaux ", la mosaïque de Marc Chagall a été inaugurée le 16 décembre 1979. Marc Chagall a séjourné à Vence de 1950 à 1966 et le musée du " Message biblique " à Nice contient de nombreuses œuvres exécutées pendant cette période fructueuse. En souvenir et en remerciement, Marc Chagall fit la maquette cette mosaïque et en dirigea la réalisation.

Chapelle de la Sainte Famille : Elle doit son nom à une toile peinte début 17è siècle et qui représente Marie, Joseph , Jésus enfant et St Jean Baptiste. Remarquer le confessionnal du début 19è qui remplaça ceux brûlés à la Révolution.

Chapelle des Saints et des Anges : Le retable de l’Ange gardien est le plus ancien de la cathédrale (16è siècle); Il se trouvait sous le clocher , dans la chapelle du St Sacrement, jusqu’en 1954. Le père Jost, curé, lui donna alors sa place actuelle.

L’ange Gabriel accompagnant le jeune Tobie sont au centre. Un petit chien cité deux fois dans le récit biblique les précède. Des petits tableaux de nombreux saints sont de chaque coté. L’autel confectionné en 1978 avec les éléments d’un confessionnal, abrite le beau reliquaire en bois doré du 16è siècle. C’est ce reliquaire qui fut retrouvé en 1914 derrière le tableau du Sacré Coeur.

Tableau de Jean Daret, peintre provençal du 17è siècle : " St Antoine visitant St Paul ".

Chapelle du St Sacrement : Elle se trouve à la base du clocher. Les peintures sur bois du 18è s. représentent les deux saints patrons de Vence. En 1954, dans le cadre de travaux de restauration, le père Jost fit replacer ici les deux belles pierres de l’ancienne église carolingienne depuis l’extérieur de la cathédrale afin de les sauver du vandalisme.

Porte de la Prévôté en bois sculpté du 15è siècle.

Chapelle des quatre évangélistes : Prés de la sacristie, se trouve cette chapelle qui a pris son nom depuis que le père Munier, curé de 1978 à 1988, y plaça les quatre tableaux des évangélistes attribués à Jean Jouvenet, peintre né à Rouen au 17è siècle.